C'est avec joie que j'ai appris que j'étais désigné comme Président d'honneur du Salon international du livre de Québec. Non seulement c'est un lieu où s'exprime la littérature dans toute sa variété et son indépendance, c'est aussi l'occasion où je retrouverai mes amis québécois Dany Laferrière et Rodney Saint-Eloi qui, tous les deux ont été ceux qui m'avaient pour la première fois fait découvrir le Québec.

Bien sûr il y a la tentation de vouloir être un président dictateur, de vouloir modifier les règles afin de demeurer un président à vie -sans doute à cause de ma culture politique africaine qui estime que s'accrocher au pouvoir est un des principes fondamentaux. Mais, je ne ferai pas de coup d'Etat, et les écrivains invités peuvent se rassurer. La seule dictature qui prévaudra est celle qui viendra de la littérature : je prendrai les noms des bavards et je donnerai de mauvaises notes aux auteurs qui passeront leur temps dans les bistrots !

J'ai accepté cette présidence parce que la littérature est au-­dessus de tout. Parce que je sais combien le lecteur est (> à Québec. Parce qu'un écrivain appartient à ses lecteurs, qu'ils soient de Brazzaville, du Cap, de la Suède, de New York, de Séoul ou de Québec. Parce que, au fond, je suis aussi un écrivain québécois comme Dany est un écrivain japonais. Je reste convaincu que ce rendez-vous, comme d'habitude, sera un des grands moments culturels de l'espace francophone et que les ·débats, les signatures de livres connaîtront une affluence sans précédent.

Bon salon à toutes et à tous !

Alain Mabanckou