Prix littéraires Bibliothèque de Québec - SILQ

Deux auteurs de Québec récompensés

Québec, le 22 mars 2016 – La Bibliothèque de Québec et le Salon international du livre de Québec ont dévoilé les lauréats des Prix de création littéraire 2016. Dans la catégorie littérature adulte, le gagnant est M. Hans-Jürgen Greif pour Le photographe d’ombres, publié aux éditions L’instant même. Dans la catégorie littérature jeunesse, la lauréate est Mme Lyne Vanier pour Mon frère n’est pas une asperge, publié aux Éditions Pierre Tisseyre. Les récipiendaires ont reçu une bourse de 5 000 $ chacun.

« La Bibliothèque est fière de souligner la richesse culturelle et le dynamisme de la scène littéraire de Québec, a mentionné la vice-présidente du comité exécutif responsable de la culture, du patrimoine et de l’aménagement du territoire, Mme Julie Lemieux. Cette remise de prix démontre d’ailleurs l’immense talent des auteurs d’ici. Au nom de la Ville de Québec, félicitations aux finalistes et aux lauréats! »

Dans la catégorie littérature adulte, les deux autres finalistes étaient :

  • Sara Lazzaroni pour Veiller la braise, aux éditions Leméac;
  • Jean-Philippe Warren et Andrée Fortin pour Pratiques et discours de la contreculture au Québec, aux éditions Septentrion.

Dans la catégorie littérature jeunesse, les deux autres finalistes étaient :

  • Camille Bouchard pour Les forces du désordre, aux éditions Québec Amérique;
  • Martine Latulippe pour Les Aveux, aux éditions Québec Amérique.

Chaque finaliste a reçu un prix de participation de 500 $.

Cette année, un record de 79 œuvres ont été soumises au jury du concours par les éditeurs, dont 51 œuvres dans la catégorie littérature adulte et 28 œuvres dans la catégorie littérature jeunesse.

Plusieurs genres littéraires étaient admissibles : roman, nouvelle, poésie, conte, récit, biographie, théâtre et essai. Les ouvrages admissibles pour la remise des prix devaient avoir été publiés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2015.

Le jury de sélection

La sélection des œuvres était basée sur leur qualité et leur originalité, tant sur la forme que sur le fond. Cette année, le jury de sélection était présidé par Aurélien Boivin, professeur émérite de l’Université Laval, et était composé de Pierre Blais, journaliste-blogueur, Jean Dumont, libraire, Isabelle Forest, poète, romancière et directrice artistique du Bureau des affaires poétiques et du Mois de la poésie, et de Jean-Philippe Marcoux-Fortier

Le photographe d’ombres

– Les commentaires des membres du jury

Photographe_C1« Si le jury a préféré à toutes les autres publications de l’année 2015 Le photographe d’ombres de Hans Greif, c’est inévitablement parce que ce roman est rempli de qualités qui ne peuvent que plaire aux lecteurs et lectrices, passionnés ou dilettantes, anciens comme nouveaux. D’abord, l’intrigue est attrayante et ne manque pas de suspense. Car il s’agit bien d’un thriller, mais pas n’importe lequel, un thriller psychologique, qui tourne autour d’un homme pour le moins mystérieux, tout comme son passé d’ailleurs, un homme qui se révèle une véritable énigme, même pour son épouse, incapable de sonder ses mystères, tel, par exemple, sa manie de photographier de jeunes enfants et son goût à jouer de l’accordéon. Il faut encore souligner la psychologie des personnages que Hans Greif nous permet de découvrir dans Le photographe d’ombres, à commencer par Dietrich Meinhart, ou Dick pour les intimes, et son épouse Rita Kolhweiss, qui réalise son rêve en devenant, au terme de ses études, l’éditrice qu’elle envisageait, tout en manquant à sa promesse de ne jamais avoir d’enfant. Car Dick refuse la paternité, sans doute pour une raison liée à son enfance, habitée par la souffrance et la violence. L’intrigue est si intéressante que le lecteur ne se résigne pas à suspendre sa lecture et à déposer le livre. Et je n’ai pas parlé encore de l’écriture de Hans Greif, homme d’une culture que l’on peut lui envier tant elle est vaste, éclectique. L’écriture du photographe d’ombres est tout en finesse, d’une grande richesse, dans les tons des personnages et dans l’utilisation du vocabulaire qu’ils utilisent, ce qui est pour le moins fort étonnant pour un écrivain dont le français n’est pas sa langue maternelle. Bref, voilà un roman qui ajoute à la vision du monde de l’auteur, une vision du monde tragique, comme il nous l’avait révélée dans d’autres romans, dont son précédent, La colère du faucon ».

Mon frère n’est pas une asperge

– Les commentaires des membres du jury

cMonFrereAsperge« Comment vous dire que les membres du jury ont été séduits par Mon frère n’est pas une asperge. Ils ont reconnu, à l’unanimité, la grande richesse de l’imaginaire de Lyne Vanier, qui n’est pas une nouvelle venue en littérature de jeunesse, ni pour les familiers de notre prix, qu’elle a déjà remporté à au moins trois reprises déjà. Ils ont aussi reconnu la qualité de l’écriture de l’écrivaine, Ils ont reconnu que ce nouveau roman était bien adapté au public visé, malgré le sujet abordé, le syndrome d’Asperger, et que son auteure sait apporter toutes les explications dans une langue riche, juste, à la portée de ses jeunes lecteurs, à qui elle fournit une foule de renseignements, entre autres sur le comportement et la psychologie des personnes qui en sont atteints, sans jamais recourir à un langage hermétique. Car, il faut le préciser, Lyne Vanier sait parler à ses jeunes lecteurs et lectrices, sait vulgariser des sujets complexes, tant la narration que dans le texte qu’elle fournit en conclusion de son roman sur ce trouble de plus en plus fréquent dans le monde contemporain. Elle n’hésite pas à recourir à l’humour, à l’occasion, pour détendre les jeunes, à commencer dans la numérotation des chapitres, par exemple : il n’y a pas de chapitre 1, ni de chapitres 4, 6, 8, 9, 10 et 12. « Les numéros ne sont pas des animaux », de préciser Ludovic, le protagoniste. « C’est donc normal qu’ils n’aient pas de queue ni de tête », rétorque-t-il à son frère Michaël, qui avait tenté de lui faire comprendre qu’en procédant ainsi, il allait avoir « un texte sans queue ni tête ». Ludovic, on l’aura compris, n’aime que les nombres premiers, qu’ils trouvent beaux, intacts et indépendants. L’humour est encore présent dans les nombreux jeux de mots et expressions qui parsèment le récit et que Ludovic prend toujours au pied de la lettre ou dans son sens premier, telles les expressions comme la mer à boire, une pierre deux coups, etc., ce qui ne peuvent que faire sourire, tout en renseignant et en suscitant la réflexion. Si les jeunes se délecteront à la lecture de ce roman, les adultes ne seront pas en reste et sauront aussi reconnaître le grand, l’étonnant talent de Lyne Vanier, devenue une des fiertés littéraires de la ville de Québec ».

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Sources :
Carine Loranger
Ville de Québec
418 641-6210
carine.loranger@ville.quebec.qc.ca

Johanne Mongeau
Directrice des communications
Salon international du livre de Québec
418 692-0010
jmongeau@silq.ca

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